La Rencontre Imprevue

ou les pélerins de la Mecque

Opéra en trois actes composé par Christoph Willibald Gluck, sur un livret français de Alain René Lesage remanié par Louis Heurteaux Dancourt.

Les Pèlerins de la Mecque - Gluck
Le prince Ali de Balsora et son serviteur Osmin partent pour le Caire, fuyant la cour de Perse où Ali était tombé amoureux de la princesse Rézia. Le couple avait été séparé lorsque Rézia, demandée en mariage par le Grand Mogol, mourut (en apparence) de chagrin.

Lors de l'arrivée d'Ali et d'Osmin au Caire, un derviche mendiant ou "Calender" fait son apparition ; celui-ci tente de les recruter ; puis vient un peintre à l'esprit dérangé, nommé Vertigo, mais l'action dramatique concerne essentiellement la tentative entreprise par Osmin afin de guérir Ali de son chagrin par le biais d'un amour nouveau. Plusieurs jolies femmes du sérail du Sultan défilent devant Ali, dont la dernière est ... Rézia elle-même. Elle avait seulement feint de mourir pour éviter d'être mariée au Mogol, mais avait été capturée en s'évadant et vendue au Sultan.

Ali et Rézia conçoivent le projet de s'échapper déguisés en pèlerins de la Mecque mais sont trahis par le Calender dont la loyauté ne résiste pas à une promesse de récompense pécuniaire. Le Sultan finit par incliner vers la clémence lorsqu'il apprend leurs longues années de dévouement l'un pour l'autre. Le Calender repenti se fait également pardonner et l'opéra finit par les louanges du Sultan, et un finale à la vaudeville.

************

Dernier de ses opéras-comiques en français et tenu pour la meilleure contribution de Gluck à ce genre, il a été composé en 1763. La première se déroule le 7 janvier 1764 au Burgtheater de Vienne. Il sera le modèle de l’Enlèvement au sérail de Mozart.

Selon William Christie (1997), « la tradition française occupe une place importante dans la musique de Gluck et montre que la tradition comique et populaire de la musique française, les airs de vaudeville, de foire, avaient un grand retentissement partout en Europe. Il en est de même pour la danse. Dans la Rencontre imprévue, cet aspect léger, comique et chorégraphique est omniprésent. »